En 2015, la marque Protein World placardait cette question dans le métro londonien, avec un corps mince et sexualisé présenté comme l'idéal à atteindre. La campagne a fait polémique et a fini par être retirée. Mais le mécanisme, lui, n'a pas pris une ride.
Ce type de message ne cherche pas notre bien-être. Il nourrit une insécurité (« suis-je assez bien comme je suis ? ») parce qu'un doute sur soi est un puissant moteur d'achat. Le corps devient un problème à régler, et la solution est justement le produit qu'on nous vend.
Le vrai enjeu n'est pas une pub isolée, mais un modèle unique décliné à l'infini : mêmes silhouettes, mêmes canons, sur les affiches comme sur nos écrans. À force de répétition, il s'installe comme une norme. Même les campagnes qui célèbrent la diversité des corps ne l'effacent pas : le standard de minceur extrême et de musculature reste ancré en nous.
Reconnaître ce mécanisme ne le fait pas disparaître, mais ça change notre position face à lui. Libérer son regard demande de l'exercice, un travail qui se construit peu à peu. Comprendre comment ces images sont fabriquées et comment elles agissent sur nous, c'est déjà commencer à s'en libérer.
Diaboliser ne résout rien. Interroger et mieux comprendre aide. C'est tout l'esprit du « décod'image » : apprendre à « voir malin », derrière les écrans comme en nous-mêmes, pour gagner en liberté de jugement et en capacité de choix.